lundi 15 décembre 2008

Truc des Philippines : n°3

Toujours dans l'esprit "je respecte mes aînés": au lieu de les appeler simplement par leur prénom, les jeunes appeleront les personnes plus âgées qu'eux "Ate" pour les filles, "Kuya" pour les garçons.

De Camille en France, je suis devenue Ate Camille aux Philippines! C'est assez rigolo...

Si on en cherche une traduction, "ate" serait l'équivalent de "grande soeur", kuya de "grand frère". Mais si c'est bien entendu employé dans le cercle familial, ça l'est également beaucoup plus largement: pour appeler une vendeuse dans un magasin, un serveur dans un restaurant, juste quelqu'un dans la rue... L'usage de cette expression marque donc le respect, mais emprunt d'une certaine familiarité.

dimanche 14 décembre 2008

Trucs des Philippines : n°2

Dans la foulée...

Ca peut surprendre quand on arrive, mais ici les plus jeunes ont pour habitude de saluer leurs ainés en leur prenant la main et en la posant sur leur front.

Dans une société (comme beaucoup dans les pays dits "du sud"), où les jeunes apprennent très tôt à respecter les plus âgés, ceci est une façon pour eux de demander la bénédiction de leurs aînés.

Ce sont en général uniquement les enfants qui le font, mais ça peut arriver aux adultes, en présence par exemple de personnes importantes, ou qui inspirent le respect (prêtre, évêque...).

Ne soyez donc pas surpris, quand vous viendrez par ici, de voir votre main attrapée par tous les gamins du coin et finir sur leur tête !

Trucs des Philippines : n°1

J'ai décidé de lancer une nouvelle série de posts: les petits trucs à savoir quand on vient aux Philippines.

Aujourd'hui, donc le truc n°1 : aux Philippines, il fait chaud, et très humide.

Deux saisons: la saison des pluies et la saison sèche. Je n'ai pour l'instant vécu que la première, mais je crois que la deuxième est encore plus chaude ! Entre les deux (en ce moment en fait), les températures tombent un peu, et ça devient nettement plus agréable !

mardi 9 décembre 2008

Ce matin j'apprends que le père d'une ancienne fille de l'Ecole de Vie est mort. Poignardé...

Apparemment il savait que ça allait lui arriver depuis un moment, un règlement de comptes sans doute.

Terrible, mais pourant tellement banal dans les bidonvilles de Manille...

lundi 24 novembre 2008

Rabbi Jacob

J'ai passé plusieurs jours à Manille la semaine dernière, notamment samedi où se tenait le "solidarity day", événement organisé entre autres par l'ambassade de France et la fondation Virlanie, et au cours duquel se retrouvaient les jeunes de différentes ONG françaises et philippines autour de jeux sportifs. Les "MVP boys" s'y sont donc rendus, et je les ai accompagnés pour tenir notre stand de vente de bijoux.

Au cours de la journée, les jeunes de chaque ONG devaient présenter un petit spectacle. Pour MVP, ça a été la fameuse danse du film Rabbi Jacob ! Nous la leur avons apprise (avec Laurent) le vendredi soir, autant dire que ce n'était pas triste!
J'ai fait une petite vidéo de la représentation en question, j'essaie depuis 3 jours de la mettre en ligne, mais sans succès! Vous devrez donc vous contenter de quelques photos...


Gener, prêt pour le show !

Moi, Sheenalyn, une ancienne du programme qui donne maintenant des coups de main réguliers, et Georgia, une volontaire néo-zélandaise qui vient d'arriver et qui est là pour 3 mois.


Séance photos débiles, mais qu'est ce qu'on rigole...

L'une des désormais traditionnelles photos de groupe!

mardi 18 novembre 2008

Alléluia !!!

Je n'y croyais plus, et pourtant...

Trois mois après mon arrivée, j'ai enfin un lit !!!! Adieu matelas à même le sol, bonjour rangements sous le lit !

Ô luxe, ô volupté... (pour le calme on repassera...)

... à quand le frigo ???

lundi 17 novembre 2008

Dans la série "on s'en fout"...

S'il y a bien quelque chose dont je me passerais bien ici, ce sont les bébettes... Je ne pense pas qu'il y en ait tant que ça, ça pourrait être bien pire, mais toujours est-il qu'elles m'aiment...

Entre les visites de lézards, de crapauds, de moustiques, de cafards (heureusement nous n'en avons pas trop eu jusqu'à maintenant), on peut dire que l'appart' est bien occupé !

Alors que je faisais tranquillement une petite sieste la semaine dernière, j'ai senti quelque chose me piquer: rien de bien méchant, mais de quoi me réveiller tout de même. 24h plus tard, voilà ce que ça a donné :

Ce que j'ai auto-baptisé : la piqûre de l'année. 12 heures après, c'était rouge quasiment jusqu'au poignet.

Différentes théories: morsure ou piqûre d'araignée, de fourmi (ça me surprendait quand même!!!), de rat (au secours!!!), voire de cafard. BEEEEERK !!!!

Bon, voilà, on s'en fout, mais je tenais à le partager avec vous...

lundi 3 novembre 2008

Si les jeunes d’ACAY, garçons et filles, se retrouvent tous les week-ends à Balanga, le week-end dernier a été organisé à l’occasion de la Toussaint un « Youth Camp », un temps de retraite, où tous se sont retrouvés sur une propriété prêtée par un ambassadeur en bord de mer.

Au programme, différentes activités : outre les traditionnels Shabbat et Vêpres vendredi et samedi soir, organisation d’un grand jeu autour de la vie de certains saints, préparation d’une pièce de théâtre, visionnage de films et discussions, baignade (quand même !!!)…

J’étais bien entendu de la partie, et c’était… comment dire... magique !!! Cadre magnifique, beau temps (la plupart du week-end !), super ambiance… Je crois que c’est ce week-end que j’ai enfin commencé à sentir l’esprit de la mission : dans des petits moments de partage, plus ou moins indescriptibles, où j’ai senti qu’il y avait bien plus entre tous ces jeunes, le personnel qui les encadre et les Sœurs que ce que j’avais imaginé. Et je me suis rendu compte que je faisais désormais partie de cette grande famille, il m’a semblé y avoir vraiment ma place, et en ai été véritablement touchée.

Par la même occasion, le fait de sortir de notre contexte habituel m’a permis de mieux connaître les jeunes, notamment les garçons avec qui j’ai beaucoup moins de contacts. Exemple d’un moment « fort » pour moi, sur le chemin du retour, je partageais justement la jeepney louée pour les garçons, et me retrouver au milieu d’eux, chantant sur tout le chemin du retour des chansons philippines (pas toujours très relevées d’après ce que j’ai compris de la traduction…), malgré la fatigue éprouvée par tous, a été vraiment magique pour moi !

Bref, des moments forts, beaucoup de rigolades : un week-end comme on aimerait qu’il ne finisse jamais !

Quelques petites photos pour la route !


Les MVP boys dans la voiture (à l'aller)

Sister Rachel entourée d'Yvonnie, l'assistante sociale de SOL (à gauche), le fameux Domingo (à droite), et de Rizaline et Mae-Ann, deux filles de SOL

L'un des fameux jeux que nous avons organisés : la chasse au trésor... à l'aveugle !

Photo de groupe, dans l'eau (dur dur le boulot, quand je pense que je pourrais être dans un bureau à Aubervilliers à la place...)


Entourée de filles de SOL et de garçons MVP

Avec tout le monde...


Pour rajouter à toute cette bonne humeur, à mon retour, excellente nouvelle : j’apprends que je suis tante d’une petite Céleste ! Toutes mes félicitations à ses parents !!! Faites péter les photos !!!

samedi 25 octobre 2008

Vis ma vie… en prison

Parallèlement au programme MVP, ACAY est également présente dans un certain nombre de prisons à Manille et aux alentours : les sœurs et le staff de l’association y suivent un certain nombre de jeunes pour les aider à avancer dans leurs cas juridiques, mais aussi à faire tout un travail intérieur pour assumer leurs erreurs et leurs conséquences, dans l’optique de les préparer à une vie « meilleure » à leur sortie de prison.

J’ai donc eu l’opportunité de les accompagner pour quelques jours en début de semaine dans la ville de Tanay, à environ 2 heures de Manille, où se trouve NTSB (National Training School for Boys), un centre de détention pour garçons.

Jusqu’à l’année dernière où une nouvelle loi a été votée, les prisons accueillaient aussi bien des adultes que des enfants, avec les conséquences qu’on peut imaginer pour ces derniers. Désormais, non seulement il est interdit d’incarcérer des enfants de moins de 15 ans, mais les mineurs doivent être dans des établissements séparés de ceux des adultes. Cette loi n’est pas encore appliquée partout, mais elle représente en tout cas un énorme progrès !

NTSB est donc l’un de ces centres pour mineurs, ou du moins pour jeunes gens condamnés lorsqu’ils étaient encore mineurs. A priori, lorsqu’on pense prison aux Philippines, on pense misère, béton, saleté, exigüité… Eh bien là, à ma grande surprise, ce n’était pas du tout le cas !

Déjà, comme son nom l’indique, NTSB est une école, qui permet aux garçons d’aller jusqu’à leur dernière année d’high school (équivalent de notre lycée). Pour des jeunes gens, la plupart du temps issus de la rue et qui n’ont jamais mis les pieds dans une école, c’est une opportunité non négligeable ! Ensuite, le cadre de vie est plutôt sympathique : les garçons sont répartis dans des cottages, pas vraiment luxueux selon nos critères européens, mais plutôt pas mal pour eux, entourés de jardins dont l’entretien est à leur charge. Ils ont également la possibilité de jouer au basket (sport préféré des philippins), et ne s’en privent pas ! Enfin, pas de cellules, pas de barreaux aux fenêtres, pas de "matons" pervers, un garde à l’entrée et quelques agents de sécurité, certes, mais on est loin de Prison Break ! Il arrive que certains garçons s’évadent, préférant leur liberté à l’opportunité qu’ils ont d’être là, mais ça reste peu fréquent.

Cela dit, je vous décris tout cela avec le regard extérieur de quelqu’un qui n’a passé qu’à peine 48 heures sur place, il y a sans doute bien des aspects moins roses qui ne doivent pas manquer d’exister lorsque sont réunis au même endroit plus de 100 jeunes parmi lesquels des trafiquants de drogue, des meurtriers ou encore des violeurs…

Il m’avait été demandé d’organiser, avec un autre volontaire, une matinée d’activités pour la dizaine de jeunes qu’ACAY suit régulièrement. Thème : apprendre l’anglais ! Nous avons donc mis en place différentes activités, et notamment un quizz assez bateau avec des questions de grammaire, d’orthographe, etc. En préparant tout cela, je pensais à la réaction qu’auraient des jeunes de « chez nous » face à ce genre d’activité : j’entendais déjà les « c’est naze », « je préfère jouer à la console », « fait chier ton truc », et autres. Eh bien là, j’ai découvert des jeunes à l’énergie sans limite (heureusement qu’on avait planifié un temps basket), dotés d’une véritable soif d’apprendre, très motivés par les activités qui leurs sont proposées, bref, bien loin de ce que j’avais pu imaginer !

Petite anecdote : Domingo, dont je vous ai parlé dans un post précédent, après avoir séjourné 6 mois au MYRC, une prison beaucoup moins rose et plus semblable à l’idée qu’on se fait des prisons philippines, a passé 4 ans à NTSB (13-17 ans, à l’époque la loi sur l’incarcération des enfants de moins de 15 ans n’était pas encore passée). C’est là qu’il a rencontré ACAY et qu’il a été « recruté » pour le programme MVP. Et pour ceux qui se poseraient la question : ca y est, il est officiellement volontaire chez ACAY, basé à Manille et dédié principalement au programme MVP !

Enfin voilà, encore plein de découvertes et de surprises. Et ce n’est qu’un début !!!

vendredi 17 octobre 2008

Hécatombe

C’est un peu l’hécatombe ces derniers jours à l’Ecole de Vie : en 1 mois, sur 17 filles, déjà 2 sont parties, et une autre ne va pas tarder à faire de même.

La première, car elle a décidé d’arrêter l’école et de partir vivre en province avec une « tante » qui n’en est pas vraiment une. Elle va sans doute finir dans un bar ou je ne sais où, mais il est difficile aujourd’hui d’être optimiste quant à son avenir…

La deuxième est partie hier. C’est une fille qui vient de la rue, qui a appris à se débrouiller seule, qui ne semble pas réussir à prendre le pli et à suivre les règles de l’Ecole de Vie, et qui aurait même tendance à entraîner les autres filles dans ses mauvais coups. Après avoir multiplié les vols et les mensonges, il a été décidé qu’elle serait transférée chez Virlanie, à Manille, où les structures plus « souples » lui conviendront certainement mieux.

La troisième fait partie des anciennes de l’Ecole de Vie, elle est là depuis déjà 4 ans. C’est une fille qui semble plutôt timide, on l’entend peu, on aurait tendance à lui donner le bon Dieu sans confession. Et pourtant, depuis plusieurs mois elle a aussi accumulé les vols et les mensonges, du type modifier ses bulletins de notes alors qu’elle avait raté ses examens, ou partir à l’école tous les samedis matin alors que (on ne l’a découvert que récemment) l’école est fermée tous les samedis. Et bien d’autres, malheureusement. Conclusion, elle a été virée ! Elle va partir vivre avec sa mère à Manille, et y chercher un travail.

Ca fait bizarre quand même de les voir partir ! D’autant qu’on se demande forcément quel est l’avenir qui peut les attendre… Et puis ça n’a beau faire que 2 mois que je suis là, on s’y attache quand même à ces bêtes là !

mardi 7 octobre 2008

Miam miam...

Vous voyez mon visage serein, heureux et épanoui sur cette photo (derrière les plaquettes de chocolat) ? C'est parce que je viens de recevoir un super paquet de ma super cops' Hélène B. et de Bastien (merciiiiii !!!), avec plein de bonnes choses dedans : chocolat, bonbons, confiture...

Et ça me fait vraiment super plaisir !!!!

Alors à vous qui êtes confortablement installés chez vous : offrez un peu de bonheur à une pauvre volontaire en exil aux Philippines et obligée de passer ses week-ends sur la plage : envoyez lui des cadeaux !!!! Tapez KDO au 88688 ! Euh... ou pas...

Grève de blog

Bon, je sais, c’est mal, je n’ai rien écrit sur mon blog depuis au moins 2 semaines. Toutes mes confuses comme on dit chez moi… Quelques maigres explications :
- quelques days-off sucrés depuis 2 semaines
- pas de sujet véritablement « marquant » à décrire
- pas forcément le courage de me remettre derrière mon PC le soir après une journée de boulot (ça je pense que ce sera récurrent...)
- des événements personnels qui m’ont un peu mis la tête ailleurs !

Enfin me rev’là, plus en forme que jamais, prête à vous raconter la suite de mes aventures ici !

Juste histoire de vous rappeler que moi je suis ici, sous le soleil des Philippines, pendant que la plupart d’entre vous trimez à Paris ou ailleurs, voici quelques petites photos pour vous montrer l’endroit où j’ai été obligée (…?) de passer ma journée d’hier…

Eh eh, la plage rien que pour nous, ou presque…



Fin de journée, après la pluie, inévitable ces temps-ci...

Encore une fois : trop dur le volontariat…

mardi 23 septembre 2008

Sea, (tourisme) sex(uel) & rain

Parce que les bidonvilles, la misère, les inondations et tout le toutim, c’est fatiguant, physiquement et psychologiquement, et que les Philippines ne se résument pas à cela, Claire-Marie et moi avons décidé de partir vadrouiller un peu au bord de la mer pour voir un peu de pays et nous détendre le temps d’un week-end.

Direction Olongapo, ancienne base militaire américaine, et plus précisément Barrio Barretto, un petit patelin à 5km de là, réputé pour être plus calme, plus nature et moins onéreux. Entre tricycle, bus, jeepney (sorte de mini bus national aménagé sur d’anciennes jeeps américaines) et marche à pied, je crois que nous avons testé quasiment tous les modes de transport terrestres disponibles ! Mais c’était bien sympa !



La preuve en image, dans le bus !

Les fameuses jeepneys qui attendent d’être pleines pour partir.

Nous nous sommes dégoté un petit hôtel, directement sur la plage bien que sans prétention, et plutôt sympa. Installation dans la chambre, baignade, et ce que nous avions commencé à sentir en arrivant jusqu’à l’hôtel se confirme : le nombre de couples « blancs »/petites jeunes philippines est nettement supérieur à ce que j’appellerais la « normale ». C’est officiel, ou presque, nous avons atterri dans un coin où le tourisme sexuel est monnaie courante.

Maintenant, nous en voyons partout : dans la rue, sur la plage, au bar de l’hôtel, dans le restaurant… Nous sommes cernées ! Généralement, les « clients » sont de vieux américains, la soixantaine bien sonnée (parfois moins aussi), bedonnants, tatoués, cheveux longs, et, maintenant que je les vois autrement, complètement écœurants… Les filles quant à elles sont jeunes, voire très jeunes (bien qu’il soit difficile de leur donner un âge, elles ont souvent l’air très jeunes du fait qu’elles sont petites et menues). Trop jeunes ???

Pendant que nous dînons, nous regardons autour de nous, et une multitude de questions nous assaille : déjà, comment font-ils pour se regarder dans la glace le matin ? Où est leur fierté ? Comment peut-on venir à cela ? Et entre eux, est-ce qu’ils se connaissent ? Est-ce qu’ils sont amis ? Est-ce qu’ils se racontent leurs histoires ? Se transmettent-ils leurs « bons plans » ? Comment rencontrent-ils ces filles ? Ont-ils une famille ? Des enfants (nous en voyons certains se balader avec ce qui nous semble être femme et enfants) ? Sont-ils tous venus là pour la même raison ?

Le pire (ou pas), c’est que quand on les voit se balader main dans la main sur la plage, on a presque l’impression que c’est romantique, qu’il y a une vraie relation entre eux. Donc soit nous sommes paranoïaques, et oui, ils s’aiment, soit nous n’avons vraiment rien compris à ce qui se passe ici, soit ils se mentent à eux même (et à la fille ?), se donnant bonne conscience en vivant dans l’illusion qu’ils pourraient tomber amoureux.

Et les filles : sont-elles conscientes de ce qu’il se passe ? Cherchent-elles un passeport pour les Etats-Unis ? Quelqu’un qui pourra les entretenir pendant 1 semaine, 1 mois, ou 1 vie ?

Toutes ces questions nous trottent dans la tête, mais bien sûr, nous n’osons pas les poser… Et puis quoi encore ? Nous, jeunes filles bien éduquées, parler avec ces vieux pervers ? Non mais oh !

Malgré la gravité du sujet, le ridicule de la situation nous fait quand même parfois rigoler : entre le vieux beauf tatoué qui fait de la boxe tout seul sur la plage devant son « harem », ou la jeune fille qui veut, dans un élan de romantisme, courir sur la plage main dans la main avec son « amoureux », qui du haut de ses 65 ans (environ) ne réussit à « courir » que pendant 3 secondes, c’est parfois franchement risible !!!

A tout cela, la pluie est venue ajouter son grain de sel ! A notre retour, on nous apprend qu’en effet, un typhon est en préparation, d’où le sale temps ! Personne n’aurait pu nous prévenir ????

Ce n’était pas vraiment ce que nous en attendions, mais nous avons quand même bien « coupé » pendant ce petit week-end. Nous avons bien profité de la table proposée par le restaurant de l’hôtel, pouvant déguster pour la première fois depuis notre arrivée vin (UN verre…), pizzas, coupes glacées (youpi, pas un grain de riz à l’horizon de mon assiette !!!)… Et puis la plage était quand même sympa !




mardi 16 septembre 2008

Deux jours à Manille : jour 2

Pour ce deuxième jour sur Manille, le programme était à nouveau assez chargé : passage par le grand marché de Manille, Divisoria, visite de familles de jeunes de l’association, et en fin de journée, retour sur Balanga.

Le marché, nous l’avons à peine vu, mais pour vous expliquer le contexte des visites de famille, bref retour sur l’association dans laquelle se déroule notre mission.

ACAY (Association Compassion Asian Youth), chapoté par 4 sœurs Missionnaires de Marie (congrégation créée il y a un peu plus d’un an par des sœurs des Béatitudes), regroupe 3 programmes :

  • l’Ecole de Vie (School of Life = SOL) qui accueille une petite vingtaine de jeunes filles entre 14 et 20 ans, venant la plupart du temps de milieux très défavorisés, et ayant été abusées, bien souvent sexuellement. Elles passent généralement 5 ans à l’Ecole de Vie où elles apprennent à vivre avec leur passé, à reprendre confiance en elles, pour, à terme, être capables de vivre de façon indépendante dans de bonnes conditions. Elles sont prises en charge à temps plein et vivent dans une maison à Balanga, dans la province de Bataan, qui a quasiment été offerte à l’association il y a un an (et qui a besoin de pas mal de travaux, donc de donateurs, avis aux intéressés !!!). C’est principalement là que ma mission me porte et où je passe la plupart de mon temps.
  • Le Family Program : je n’y ai pas encore vraiment eu affaire, mais de ce que j’en ai compris, le but est de renouer des liens entre les jeunes de l’association et leurs familles, de manière à ce que les deux « parties » évoluent dans le même sens.L
  • Le programme MVP (Marcel Van program, du nom d’un martyr vietnamien), a pour objectif d’aider à la réinsertion des jeunes sortant de prison et issus également des quartiers « chauds » de Manille, où le programme est basé. Contrairement à SOL, MVP n’est pas un programme à temps plein : les jeunes vivent dans leurs familles, et se retrouvent au moins toutes les semaines pour des réunions et le week-end pour partir à Balanga rejoindre le programme SOL.

Laurent, un volontaire français qui travaille principalement sur ce dernier programme, a entre autres pour missions de rendre visite aux familles de ces jeunes garçons (18-21 ans environ) afin de leur expliquer le programme, de les impliquer, de leur faire comprendre tout ce que MVP peut apporter à leurs fils, et de suivre chaque garçon individuellement. C’est donc dans une de ses « tournées » que nous l’avons accompagné jeudi.

Direction Tondo, quartier de Manille où vivent des milliers de familles entassées dans des bidonvilles et où la densité de population est l’une des plus élevées au monde (65 000 hab/km² vs 20 000 à Paris !!!). La misère apparente, l’odeur écœurante et les enfants pieds nus qui courent derrière la voiture des blancs sont autant de chocs à encaisser en un temps record ! Le quartier est tristement célèbre pour sa « smokey mountain », ou montagne fumante, déchetterie de Manille, véritable colline sur laquelle vivaient des milliers de familles jusqu’à ce qu’elle s’écroule il y a quelques années, faisant des milliers de victimes. La smokey mountain est désormais fermée, mais de plus petites subsistent, bien qu’inaccessibles pour les ONG et les visiteurs. La déchetterie demeure également, et dès qu’un camion arrive pour vider sa cargaison, une nuée de gens, souvent des enfants, se ruent dessus, montant dans le véhicule en mouvement pour être les premiers à se servir, récupérer ce qui pourra leur servir, notamment les déchets recyclables qu’ils pourront revendre pour gagner quelques pesos. Spectacle à peine croyable...

A Tondo vit aussi la famille de Lucky Joe, un garçon de 18 ans, qui a participé à la formation prévue pour les « nouvelles recrues » du programme MVP 2008 il y a quelques semaines. Lucky Joe a toujours été habitué à voler pour vivre, et c’est cela qui l’a mené en prison. Au bout de quelques jours de formation, il a décidé de quitter le programme, de peur de ne pas pouvoir s’empêcher de voler et de faire souffrir les personnes qui lui avaient tendu la main. Pourtant, au moment de partir, il est pris la main dans le sac, en train de voler le téléphone portable d’un staff de l’association. Il éclate en sanglots, honteux de son acte, probablement effrayé à l’idée de pouvoir retourner en prison, demande pardon. Pardon accordé, Laurent lui propose de rentrer chez lui, prendre un peu de temps pour réfléchir, et décider si oui ou non il souhaite faire partie du programme MVP (ça me fait penser à l’histoire de Jean Valjean, espérons qu’il aura la même destinée !).

La famille de Lucky Joe (ses frères, sœurs, belles sœurs et parents, environ 10 personnes) vit dans un bidonville, auquel on accède par une ruelle d’environ 1,5m de large, humide, bruyante, et relativement malodorante. Ils occupent une petite pièce d’environ 10m² avec un étage que je n’ai pas visité mais qui doit faire à peu près la même taille. Lucky Joe (qui parle à peine anglais) confie à Laurent (en tagalog) que sa famille a de vrais problèmes d’argent. Pourtant, hospitalité philippine et tradition obligent, nous sommes accueillis à coups de bouteilles de coca, et ils vont même jusqu’au fast food du coin pour nous offrir de quoi manger. Nous n’avons nullement faim, et le plat ne nous semble pas bien appétissant, nous nous sentons pourtant obligés d’y faire honneur. En partant, Laurent nous annonce une bonne nouvelle : Lucky Joe, même s’il n’est pas encore bien certain de sa décision, souhaite continuer de suivre le programme MVP ! Affaire à suivre…

Toujours à Tondo, un peu plus loin, vit Darwin, un autre garçon sur qui veille MVP depuis cette année. Le quartier est loin d’être sûr, surtout pour des blancs, si bien que nous l’attendons à l’entrée, enfermés dans la voiture, pour qu’il nous ouvre la voie et que les habitants du bidonville voient que nous sommes les « invités » de l’un des leurs. Lorsqu’il arrive, nous le sentons inquiet. En effet, il explique à Laurent que depuis la veille, la guerre des gangs fait à nouveau rage dans son quartier. Le matin même, des hommes armés étaient entrés et avaient menacé les habitants du bidonville, heureusement sans faire de victime. N’étant pas des kamikazes dans l’âme, nous décidons, bien qu’attristés par la situation, notamment pour Darwin, de rebrousser chemin.

Au cours de ces visites, nous étions également accompagnés par Domingo, un jeune philippin de 19 ans souriant, rieur, blagueur, et serviable, ancien du programme MVP. Pendant que nous parcourions les rues de Manille, il nous a raconté très simplement quelques passages de son histoire. Et c’est certainement cela qui m’a le plus remuée durant cette journée. Il nous montre, par exemple, le centre commercial où il avait l’habitude de trainer quand il était plus jeune. Un peu plus loin, en bonnes françaises, nous lui parlons de l’alcool, du fait que nous aimons bien boire un verre ou deux (voire plus) de temps en temps, et lui nous explique que c’est fini, il ne boit plus, plus une goutte. Il a commencé à boire quand il avait 14 ans, et a certainement trop bien vu les dégâts que cela pouvait causer, surtout vivant dans un quartier très insécurisé. Là, forcément, je me sens bête. Je ne sais pas trop quoi lui dire, à part quelque chose du genre « c’est mal de boire… ».
Encore plus loin, il nous montre l’endroit où il a commencé à se droguer. Il avait 12 ans. Et je me sens encore plus bête, partagée entre l’envie de juger, de le plaindre, ou de me mettre en colère contre ce système qui laisse des milliers de gamins de 12 ans se droguer dans la rue aussi facilement.
Si Domingo a atterri à MVP, c’est qu’il est passé par la case prison lorsqu’il était mineur. Je ne sais pas exactement pourquoi, je n’ai pas osé lui demander, probablement une histoire de vol (MVP aujourd’hui n’accepte pas les cas « lourds » du type meurtre, viol…), mais quand on voit l’environnement dans lequel il a évolué, comment peut-on vraiment lui en vouloir ? S’il est coupable, il est avant tout victime, victime de la misère, victime d’un système injuste, corrompu et inégal.

Aujourd’hui, il me confie qu’il souhaite devenir policier, mais attention, pas véreux (ils sont déjà si nombreux…), pour aider les gens de son quartier, et avant ça, il aimerait s’engager comme volontaire au sein de l’association. Il semble sorti d’affaire, mais son passé ne risque-t-il pas de le rattraper un jour ?

En tout cas, lorsque j’ai fait sa connaissance, je ne voyais en lui que le garçon blagueur et sympathique, sans savoir ce par quoi il était passé auparavant. Lorsque je lui parlais, c’était de tout et de rien, surtout de rien d’ailleurs. Sur le coup, j’hésitais entre me sentir bête pour la futilité de mes propos, de mes attitudes, de mon propre vécu, bien rose en comparaison, et le sentiment qu’après tout, c’est la vie, que certes nous venons de milieux différents, que c’est ça qui fait la richesse d’une rencontre, d’un échange, et que « parler de tout et de rien » est aussi une porte pour parler plus, d’autres choses, de ce qu’il voudra partager. Je crois que ce 2ème sentiment est le plus sain, ce n’est pas en le regardant à travers le prisme de son passé qu’il pourra, tout comme les autres garçons du programme, évoluer. Il faut voir en eux ce qu’ils sont aujourd’hui, ce qu’ils veulent devenir, de façon à ce qu’ils puissent avancer. Et à ce que j’avance également…

Un bien long post cette fois-ci, félicitations aux courageux qui seront allés jusqu’au bout ! Pas de photos pour illustrer, sortir mon appareil dans ces conditions aurait été non seulement dangereux, mais surtout, à mes yeux, indécent ! J’espère que vous aurez compris, par ces quelques lignes, comment ces 2 journées m’auront fait passer à une autre étape de ma mission et poussée à une réflexion plus approfondie sur la situation des jeunes dont l’association a la charge, filles ou garçons, et sur le sens de mon passage ici…

Deux jours à Manille : jour 1

Cette semaine, Claire-Marie, Magalie (la cousine d’une des sœurs, en visite pour 2 semaines) et moi nous sommes rendues à Manille pour quelques jours. Objectifs : nous faire voir un peu la ville, et surtout découvrir un peu d’où viennent les jeunes dont nous nous occupons dans le cadre de notre mission.

Arrivée mardi soir, par le fameux car sur-climatisé Balanga-Manille, et dès mercredi matin, décollage pour Makati, le quartier « chic » de Manille. Entre un passage à l’ambassade pour nous faire immatriculer et un autre chez un donateur de l’association, nous nous sommes rendues dans les locaux de la fondation Virlanie dont les sœurs sont très proches, ayant fait leurs premières armes à leur arrivée aux Philippines il y a plus de 10 ans avec le fondateur de Virlanie.

Virlanie a été fondée en 1992 et est aujourd’hui l’une des institutions majeures œuvrant pour les enfants des rues à Manille. Pour cela, elle a créé au fil des années différents programmes visant à accueillir les enfants des rues, voire leurs familles : des programmes résidentiels pour jeunes garçons et jeunes filles abusés, enfants handicapés, abandonnés… En parallèle, des programmes mobiles d’éducation et médicaux, un centre d’accueil de jour, de suivi de jeunes mères célibataires et de leurs enfants ou encore d’aide aux enfants en conflit avec la loi viennent compléter l’action de la fondation.

Nous avons rapidement visité le drop-in center, maison où sont accueillis les enfants des rues avant d’être dispatchés dans des centres d’accueil permanents. C’est là que nous avons rencontré un jeune enfant hermaphrodite et handicapé mental recueilli par la fondation quelques jours auparavant. D’après ce qu’on nous a dit, depuis qu’il a atterri là, son comportement a déjà changé. Il sera bientôt opéré, pour faire de lui un petit garçon (quand on le voit, il en a déjà tout l’air !), puis placé dans une maison qui saura subvenir à ses besoins. L’utilité de l’action de Virlanie ne fait aucun doute, mais, question qui me trotte dans la tête, pour un enfant comme celui-là récupéré par la fondation, combien encore errent dans les rues, avec une survie et un avenir plus qu’incertains ?

Pour passer à quelque chose de plus « léger » (quoi que…), avant notre arrivée à Virlanie, il a commencé à pleuvoir : pas de la petite pluie qui mouillotte, non. La vraie grosse pluie, version douche qui trempe jusqu’aux os, et surtout, qui inonde les rues…




Quand on dit que les philippins sourient beaucoup !

En soit, pour nous, petites européennes, une inondation comme ça, c’est assez amusant. Et puis dans la rue, quand on voit des enfants qui prennent la route pour une piscine géante, qui nagent, qui sautent, qui s’amusent, on se dit que ce n’est pas si terrible que ça finalement une inondation. Jusqu’au moment où quelqu’un nous conseille, nos pieds étant trempés, de nous les laver soigneusement, faute de quoi nous pourrions attraper tout un tas de maladies de peau, l’eau des rues n’étant pas à proprement parler limpide : immondices en tout genre, urine de rats (et sûrement pas que de rats !), pollution, etc., tout cela forme un cocktail bien malsain.

Là du coup, on voit les choses différemment : on repense aux enfants qui 5mn plus tôt plongeaient dans l’eau en riant aux éclats (avalant de l’eau par la même occasion), à toutes les familles qui n’ont d’autre choix que de vivre dans cet environnement, aux dégâts qu’une inondation comme cela peut causer… Et c’est sans doute là que nos mentalités d’européennes commencent à évoluer…



PS : si vous voyez quelqu’un qui se balade dans la rue avec un magnifique parapluie rose + palmiers noirs, mystérieusement disparu au moment de cette inondation alors qu’il séchait tranquillement dans un coin, merci de lui demander de le ramener à sa propriétaire, bien trempée après tout ça !

lundi 8 septembre 2008

Métro, boulot, dodo ???

Il y a à peine quelques semaines, la routine parisienne se résumait (plus ou moins) pour moi à : métro, boulot, dodo... Ou plutôt bus/métro/bus (porte de la Chapelle->Aubervilliers, bus 65, que du bonheur, odeurs comprises...), boulot, dodo.

Aujourd'hui, le dodo est toujours là (la plupart du temps !!!), le boulot aussi, mais il a bien changé, je vais de découvertes en découvertes, surtout au plan humain. Le métro en revanche a été remplacé par quelques minutes de marche à pied, parfois sous un soleil de plomb, mais le paysage est désormais bien différent :

La rue dans laquelle j'habite, juste en sortant de l'appartement !



Petite rizière sur le chemin de l'Ecole de Vie. Tout au fond, des montagnes, au loin on voit des maisons plutôt sympas, et juste devant des bidonvilles. Le paradoxe philippin...


Autant dire que le fameux bus 65 et le métro ne me manquent pas !!! A venir : des photos de notre petit appartement, dès qu'il sera un peu aménagé !

mercredi 3 septembre 2008

Week-end pieds dans l’eau !

Samedi et dimanche dernier a eu lieu pour les 7 filles nouvellement rentrées à l’Ecole de Vie un week-end ayant pour thème : « team building ». Objectifs : leur (et nous) permettre de mieux se connaître, resserrer les liens entre elles et leur apprendre à travailler en équipe.

Départ samedi matin aux aurores dans un mini-bus bien chargé. Après un peu plus d’une heure de route, nous arrivons dans un resort de rêve (au moins de dehors, dans les chambres la chanson était bien différente ! ;-) ) en bord de mer. Voilà de quoi vous en donner une petite idée :


Entre chasse au trésor, élaboration d’un cri de ralliement, bingo humain, jeux « à l’aveugle » et plein d’autres activités, le week-end fut bien chargé !

Nous avons tout de même eu le temps de profiter un peu du paysage, de la plage et de la mer ! Je crois ne jamais m’être baignée dans une eau aussi chaude ! Bien 32-35°C à mon avis !

Quelques petites photos pour la route :

Une ch'tite photo de groupe (si si, je suis dessus !)

Une autre ch'tite photo de groupe (je n'y suis pas par contre...)

Les sept "petites nouvelles" de l'Ecole de Vie

Oh! Qui que c'est qu'on voit sur la photo ??? (juste pour vous montrer que oui, c'est bien moi qui suis aux Philippines...)

Petit bateau de pêcheurs de bon matin sur la plage en face du resort

L'une des assistantes sociales, Tess, et... moi, encore et toujours !

Coucher de soleil plutôt sympa dans le genre...

jeudi 28 août 2008

I Kif Karaoké

Avant mon départ, j’avais entendu dire que les philippins étaient de grands fanas de karaoké. Eh bien j’étais loin de m’imaginer à quel point… Le karaoké est véritablement un sport national !

Depuis mon arrivée (2 semaines déjà !!!), j’ai eu droit :
- à 2 sorties karaoké after-work. Plutôt sympa en fait : quand on vient à plusieurs, on a droit à une petite salle privée et j’ai pu y voir mes collègues philippins se déchaîner comme jamais,

- à 2 journées karaoké non-stop par mes voisins : ils louent une machine qui leur est généralement livrée tôt le matin pour la journée, et à peine branchée (8h environ), c’est parti pour toute la journée (avec volume à fond bien entendu) ! En l’occurrence, ils avaient fait ça à chaque fois pour célébrer des anniversaires de membres de leurs familles : les anniversaires ici sont sacrés, ne pas les célébrer serait crime de lèse-philippin… Donc grosse fiesta à chaque fois !
- d’assister malgré moi à une multitude de karaokés-shows dans les marchés et dans certains magasins. Même les grandes enseignes s’y mettent pour attirer le chaland (oui oui, même en pleine journée) !

Cette passion semble toucher toutes les classes de population, des moins aux plus aisées, et aussi surprenant que cela puisse nous paraître, l’achat ou la location d’une machine à karaoké passe parfois avant d’autres dépenses qui nous sembleraient essentielles (santé, éducation…). De quoi se poser des questions !

Et ce qui me fait vraiment, mais alors vraiment plaisir, c’est que notre voisine nous a montré il y a quelque jours les belles enceintes toutes neuves et bien puissantes que son mari a gagnées dans une loterie. Je risque donc de me faire réveiller à coups de karaoké tous les matins maintenant…

Certes, le karaoké, c’est (très) vite (très) fatiguant, mais les philippins ont beau adorer chanter, cela ne signifie pas nécessairement qu’ils chantent bien (qui a dit « au contraire » ???) ! Et c’est parfois là qu’on commence vraiment à s’amuser…

mercredi 27 août 2008

Piscine philippine

Lundi 26/8 était jour férié aux Philippines (allez savoir pourquoi…), les filles du foyer n’avaient donc pas école ! Faute d’une météo suffisamment clémente pour une petite virée à la plage, nous nous sommes rabattus sur la piscine !

A 5mn à pied du foyer (3 de chez nous…), j’y ai découvert un petit havre de paix au milieu duquel une petite piscine extérieure a fait le bonheur de toutes les filles ! Et le mien par la même occasion !

Petite surprise cependant : ici, baignade en maillot (même une pièce) déconseillée, short et t-shirt sont de rigueur pour se baigner ! Visiblement, c’est aussi le cas sur la plupart des plages fréquentés par les philippins, sous peine de choquer et de passer pour la touriste américaine de base !

Après-midi bien sympathique en tout cas, autant vous dire qu’avec une petite vingtaine d’ados, ce n’était pas triste !!!!

vendredi 22 août 2008

C'est décidé : je me remets au tricycle !

Dans la série "ça me fait bien rigoler quand même" : les tricycles (à prononcer à l'anglaise). Ce sont en fait des sortes de taxis version side-cars qui permettent de se déplacer d'un point A à un point B relativement rapidement, et pour 3 fois rien. Si on est seul, on peut s'installer dans la petite voiturette, par contre à 2, il en faut un en amazone derrière le chauffeur !

On en voit vraiment partout dans la ville (du moins à Balanga, à Manille ce sont plutôt des jeepneys, je vous ferai certainement un topo là dessus une prochaine fois, ça vaut le détour !), ça grouille dans tous les sens, avec un bruit de moto pétaradante permanent et des pots d'échappement pas très réglo côté émission de gaz à mon avis !

Enfin qu'est ce que je rigole moi là-dedans !

mercredi 20 août 2008

Par ici les cadeaux...

Bon, je sais, vous avez tous sur les lèvres une seule et même question : Camille, comment peut-on faire pour t'envoyer des cartes postales / cadeaux / surprises ?

Et bien oui, Mesdames et Messieurs, j'ai une réponse à vous donner ! Vous pouvez m'écrire à cette adresse (légèrement différente de celle que je vous ai envoyée par mail et sur laquelle manquait le nom de la ville...) :
Moi (il paraît qu'il ne faut pas laisser son nom sur Internet...)
ASSOCIATION COMPASSION JEUNESSE ASIE
441 Sunflower St (Donã Fransisca)
BALANGA, BATAAN
PHILIPPINES

Voilou, plus d'excuse ! (cela dit, pour être tout à fait honnête, je ne suis pas convaincue de la fiabilité de la poste philippine, notamment pour ce qui est des paquets...)

Sinon, contact possible par téléphone : 0063 (0)92 79 61 40 73

J'attends donc vos lettres, cartes postales, SMS et appels !

Premiers jours, premières impressions…

Voilà maintenant une semaine que je suis montée dans mon avion en partance pour les Philippines. Après quelques ([si] petites…) heures de vol, j’ai donc débarqué à Manille mardi dernier et ai été accueillie par Sr Rachel, l’une des sœurs en charge de l’Ecole de Vie (School of Life - SOL) où je vais travailler. Après avoir fait quelques courses dans Manille, nous avons pris un bus pour aller jusqu’à Balanga où nous sommes arrivées vers 20h.

Toutes premières impressions : déjà une grosse claque de chaleur et d’humidité à la sortie de l’aéroport, et ce ne sont pas de vains mots ! Manille est une ville énorme, bruyante et grouillante d’activité où on se demande bien comment font les philippins pour ne pas avoir d’accident à chaque carrefour tellement le trafic est dense ! Je vais attendre un peu avant d’y prendre le volant…

Arrivée mardi soir donc, dans l’appartement que j’occuperai en théorie pendant mes 2 années, et que je partagerai au moins pendant la première année avec Claire-Marie, une autre volontaire française. L’appartement est pour le moment relativement « nu » puisqu’il vient tout juste d’être loué et que nous nous contentons pour l’instant d’une table et de quelques chaises. Pas de frigo, une douche et des toilettes « à la philippine »… Un confort rudimentaire pour nos critères occidentaux, mais tout à fait correct pour des philippins !

Mercredi, première journée à la SOL. La plupart des filles étaient à l’école, je ne les ai donc rencontrées qu’au fur et à mesure : 17 ados qui de prime abord se ressemblent toutes et s’appellent quasiment toutes pareil ! A croire que les philippins ont tout fait pour m’embrouiller… ;-) Très bon accueil de chacune d’elles en tout cas, avec en prime un magnifique panneau « Welcome to the Philippines » à l’entrée de la maison !

Cette semaine a été principalement dédiée à ma formation avec Violaine, la volontaire que je vais remplacer : le boulot n’a pas l’air compliqué en lui-même, mais il y a une multitude de petites choses à retenir que je ne pourrai probablement intégrer qu’avec un peu de temps et une meilleure connaissance des filles.

Tous les week-ends, les garçons du projet MVP (Marcel Van Program, un autre programme tenu par les sœurs, basé à Manille et dédié à de jeunes garçons sortant de prison) rejoignent Balanga pour passer le week-end avec les filles de la SOL. Traditionnellement se tient le vendredi soir la cérémonie du « Shabbat » (original pour des cathos, mais pour les sœurs, c’est tout à fait normal !) et le samedi soir les Vêpres, suivies cette semaine par une soirée en l’honneur de plusieurs anniversaires et du départ de Violaine. Dimanche, messe dans les locaux de la SOL donnée par l'évêque de la région.

Lundi et mardi étaient pour Claire-Marie et moi nos days off. Nous sommes allées à Manille accompagner Violaine que décollait pour la France mardi matin et en avons profité pour nous promener un peu dans les gigantesques malls (centres commerciaux) qui pullulent à Manille. Retour sur Balanga mardi soir, dans un bus qui assure la liaison depuis Manille : bus hyper climatisé, télé à tue-tête pendant près de 3h. Autant dire que nous étions contentes d'arriver !

Globalement, une semaine intéressante mais bien fatigante ! Il va me falloir un peu de temps pour m’habituer au climat et me mettre dans le bain, mais je pense qu’il faut que le temps fasse son œuvre et les choses se mettront en place d’elles même !

vendredi 15 août 2008

Merci à tous !

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit post s'impose pour remercier toutes les personnes qui ont pu me soutenir et m'encourager dans mon projet, que ce soit côté familial, amical, professionnel ou DCC !

Merci aussi à tous pour vos messages et attentions autour de mon départ : cela me touche énormément, votre soutien est pour moi un véritable moteur ! Alors je compte sur vous pour continuer à m'envoyer de vos nouvelles et à me tenir au courant des derniers ragots !!!

J'attends de pied ferme tous ceux qui seraient tentés par une petite visite aux Philippines ! Vous êtes plus que les bienvenus !

A très bientôt, donc !

samedi 19 juillet 2008

Coming soon...

Bon, voilà, cette fois c'est (presque) sûr : je pars en coopération aux Philippines !

Enfin tant que je ne suis pas dans l'avion, on ne sait pas ce qui peut se passer, mais en tout cas, j'ai visa, billet d'avion, vaccins, démission, et tout ce qu'il faut (a priori) pour partir. Reste à organiser mon déménagement, faire mes au revoir, et monter dans l'avion ! Départ prévu dans 3 semaines, le 11/08/08.

Ma mission là-bas : "responsable des parrainages et de l'artisanat" dans un foyer qui accueille une petite vingtaine d'adolescentes en "difficulté" suite à diverses maltraitances dont elles ont pu être victimes dans leurs familles. Ce projet, baptisé "Ecole de Vie", est porté par les soeurs Missionnaires de Marie dont je ferai la connaissance à mon arrivée.

Outre les parties parrainage et artisanat, sur lesquelles je pourrai certainement vous donner plus de détails dans quelque temps, je pense qu'on m'attend beaucoup (comme tous les adultes qui passent par ce centre) sur la partie "vie quotidienne", ou comment permettre à ces filles de grandir, d'évoluer, et de s'épanouir dans un environnement stable et sécurisé.
Projet ambitieux pour moi, mais ô combien enrichissant à mon avis !

J'y suis envoyée par la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération), organisme français d'envoi de volontaires. Pour plus d'infos : http://www.ladcc.org/

L'objectif de ce blog, que j'essaierai d'alimenter régulièrement pendant la durée de ma coopération, sera de vous faire partager mes impressions, mes surprises, mes joies et mes craintes au fil de mes découvertes dans mon nouveau pays d'accueil. En espérant que vous trouverez autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire !

A très bientôt pour le début de mes aventures !