mardi 16 septembre 2008

Deux jours à Manille : jour 1

Cette semaine, Claire-Marie, Magalie (la cousine d’une des sœurs, en visite pour 2 semaines) et moi nous sommes rendues à Manille pour quelques jours. Objectifs : nous faire voir un peu la ville, et surtout découvrir un peu d’où viennent les jeunes dont nous nous occupons dans le cadre de notre mission.

Arrivée mardi soir, par le fameux car sur-climatisé Balanga-Manille, et dès mercredi matin, décollage pour Makati, le quartier « chic » de Manille. Entre un passage à l’ambassade pour nous faire immatriculer et un autre chez un donateur de l’association, nous nous sommes rendues dans les locaux de la fondation Virlanie dont les sœurs sont très proches, ayant fait leurs premières armes à leur arrivée aux Philippines il y a plus de 10 ans avec le fondateur de Virlanie.

Virlanie a été fondée en 1992 et est aujourd’hui l’une des institutions majeures œuvrant pour les enfants des rues à Manille. Pour cela, elle a créé au fil des années différents programmes visant à accueillir les enfants des rues, voire leurs familles : des programmes résidentiels pour jeunes garçons et jeunes filles abusés, enfants handicapés, abandonnés… En parallèle, des programmes mobiles d’éducation et médicaux, un centre d’accueil de jour, de suivi de jeunes mères célibataires et de leurs enfants ou encore d’aide aux enfants en conflit avec la loi viennent compléter l’action de la fondation.

Nous avons rapidement visité le drop-in center, maison où sont accueillis les enfants des rues avant d’être dispatchés dans des centres d’accueil permanents. C’est là que nous avons rencontré un jeune enfant hermaphrodite et handicapé mental recueilli par la fondation quelques jours auparavant. D’après ce qu’on nous a dit, depuis qu’il a atterri là, son comportement a déjà changé. Il sera bientôt opéré, pour faire de lui un petit garçon (quand on le voit, il en a déjà tout l’air !), puis placé dans une maison qui saura subvenir à ses besoins. L’utilité de l’action de Virlanie ne fait aucun doute, mais, question qui me trotte dans la tête, pour un enfant comme celui-là récupéré par la fondation, combien encore errent dans les rues, avec une survie et un avenir plus qu’incertains ?

Pour passer à quelque chose de plus « léger » (quoi que…), avant notre arrivée à Virlanie, il a commencé à pleuvoir : pas de la petite pluie qui mouillotte, non. La vraie grosse pluie, version douche qui trempe jusqu’aux os, et surtout, qui inonde les rues…




Quand on dit que les philippins sourient beaucoup !

En soit, pour nous, petites européennes, une inondation comme ça, c’est assez amusant. Et puis dans la rue, quand on voit des enfants qui prennent la route pour une piscine géante, qui nagent, qui sautent, qui s’amusent, on se dit que ce n’est pas si terrible que ça finalement une inondation. Jusqu’au moment où quelqu’un nous conseille, nos pieds étant trempés, de nous les laver soigneusement, faute de quoi nous pourrions attraper tout un tas de maladies de peau, l’eau des rues n’étant pas à proprement parler limpide : immondices en tout genre, urine de rats (et sûrement pas que de rats !), pollution, etc., tout cela forme un cocktail bien malsain.

Là du coup, on voit les choses différemment : on repense aux enfants qui 5mn plus tôt plongeaient dans l’eau en riant aux éclats (avalant de l’eau par la même occasion), à toutes les familles qui n’ont d’autre choix que de vivre dans cet environnement, aux dégâts qu’une inondation comme cela peut causer… Et c’est sans doute là que nos mentalités d’européennes commencent à évoluer…



PS : si vous voyez quelqu’un qui se balade dans la rue avec un magnifique parapluie rose + palmiers noirs, mystérieusement disparu au moment de cette inondation alors qu’il séchait tranquillement dans un coin, merci de lui demander de le ramener à sa propriétaire, bien trempée après tout ça !

4 commentaires:

Anonyme a dit…

ils doivent être super forts en water polo les philippins!


Bon je sais, c'est nul mais je voulais dédramatiser.

y'a un service de censure sur ton blog contre les blagues vaseuses ?

Anonyme a dit…

Bonjour l'assignation de genre pour ce jeune hermaphrodite. Et en plus vous avez l'air contente. C'est une honte !
http://www.isna.org/

Anonyme a dit…

C'est vrai que c'est un crime de décider comme ça du sexe d'une personne hermaphrodite. A lire votre post, on a l'impression que c'est comment un soulagement : allez hop cet enfant va enfin être dans une case. Plus d'angoisse pour les gens qui l'entoure...Ce genre d'opération est à mettre au même niveau que l'excision. En tout cas, ça ne sert à rien de se donner bonne conscience en faisant de l'humanitaire à l'autre bout du monde si c'est pour garder vos schémas binaires de pensées...Et tant qu'à blogguer, allez voir ce blog ici : http://intersexe.blogspot.com/

Camille a dit…

Différence de points de vue... Je comprends bien le votre, mais je pense que tous ces beaux discours pour laisser chacun libre de choisir s'il le souhaite sont utopiques et non adaptables dans ce milieu.
Certes j'arrive avec mes schémas binaires, mais c'est malheureusement comme ça que la plupart des sociétés fonctionnent. En tout cas, ici, c'est le cas. Et quand un enfant vient de la rue, il a déjà suffisamment de mal à survivre et à s'en sortir pour ne pas lui rajouter un handicap supplémentaire. Parce qu'on peut dire ce qu'on veut (liberté de choisir, 3ème sexe power...), ici une telle différence est un handicap. Donc oui, je trouve que c'est une bonne chose que cet enfant ait été opéré (il l'a été depuis), cela fera déjà ça de souffrances en moins pour lui (et non pour son entourage, gamin des rues=pas de famille la plupart du temps).